Le dressage du cheval de polo en Argentine
Le débourrage commence par le port du licol, la marche en longe et se finit lorsque le cheval est habitué à la présence du cavalier sur son dos. 1 -
Le débourrage “criollo”: il s’agit d’un mode trés brutal à l’opposé des savoirs ethologiques
actuellement enseignés. Il arrive frequemment que les chevaux se blessent gravement et que les poulains soient complètement traumatisés et inutilisables par la suite.
Première étape, les “gauchos”( cowboys argentins) attrapent les jeunes chevaux sauvages de 3 ans au lasso. Ils les attachent solidement à un poteau de bois appelé “ palenque” en plaçant
souvent un sac de toile sur la tête du poulain. L’animal se débat vigoureusement jusqu’à épuisement chutant à terre souvent. A ce moment les gauchos touchent le cheval pour l’habituer
au contact humain, le cheval cède et l’homme le domine devenant le chef hierarchique. Deuxième étape les gauchos passent une lanière de cuir dans la bouche du cheval sous la langue
et l’attachent sous la machoire inférieure. Cette lanière sert de mors à laquelle est rattachée des rênes. Les gauchos exercent de fortes tractions sur les rênes pour “faire la bouche” dans leur
jargon. Souvent 3 ou 4 hommes tirent ensemble sur la lanière de cuir jusqu’a faire tomber au sol le cheval puis continuent à tirer et le font tourner sur place. A ce stade le cheval est relaché au
pré pendant 1 ou 2 semaines pour récupérer de ce stress. L’étape suivante consiste à monter le jeune cheval. Il est attaché à la palenque, une lanière de cuir dans la bouche et une selle sur le
dos et les yeux parfois baillonés. Lorsque le gaucho monte le poulain celui ci est encadré par deux chevaux dressés. Un homme détache le cheval et lui retire le bandeau des yeux, les
cavaliers partent au galop, le poulain tente de se débarraser du cavalier, celui ci le cravachant avec une lanière de cuir souple le “rebenque” jusqu’à épuisement du poulain qui cède une
nouvelle fois. Ce mode de débourrage est cependant en perte de vitesse en Argentine, les éleveurs qui sélectionnent leurs reproducteurs ne veulent pas subir de pertes au moment du dressage des poulains.
2 -Le débourrage “progressif”:
dans les estancias spécialisées dans l’élevage les poulains de 2 ans ne sont pas sauvages. Ils sont habitués à rester attachés dès le sevrage. Ils sont attrapés et
marchés régulièrement jusqu’à 2 ou 2.5 ans, âge ou commence le dressage. Au début le dresseur tire sur la bouche grâce au “boccado”; lanière de cuir attachée autour de la machoire inférieure
comme dans la méthode traditionnelle. Un poulain docile sera monté de suite sinon il est tiré très fort vers le bas par cettte lanière jusqu’à qu’il cède. Le “domador” qui débourre les chevaux
évite de tenir son fouet de la main droite pour éviter que les chevaux apprennent à tourner uniquement vers la gauche par crainte, il est très difficile par la suite de leur apprendre à tourner
à droite. Un domador peut travailler au débourrage une trentaine de chevaux sur une période de 3 mois en effectuant des groupes de chevaux. Il travaille en faisant des rotations sur 9 à 12 mois
, chaque cheval a six mois de travail réel entrecoupé de phases de repos. Ensuite les chevaux font l’apprentissage du mors en acier. 3 -le dressage initial:
Les chevaux argentins de petite taille sont appelés “petisos”, le “petisero
“est celui qui s’occupe des petisos. Le dresseur, “petisero” seconde le joueur de polo. Son travaille consiste à préparer les chevaux pour apprendre à jouer au polo. Il entraine aussi les
chevaux dressés pour les garder en forme. Le jeune cheval est éduqué par le joueur quand il est aux ordres pour galoper, s’arrêter rapidemment, tourner sur place. Durant cette période
d’apprentissage de nombreux éleveurs font travailler les jeunes chevaux avec les troupeaux de bovins ce qui renforce leur maniabilité et leur tempérament. Les poulains sont travaillés entre
l’age de 2.5 ans et 4 ans. Pour certains l’apprentissage peut commencer dès 3 ans afin d’être vendu plus rapidemment. Au dernier stade du dressage de base le cheval doit apprendre à passer
du galop à l’arrêt net puis faire demi tour sur place ce qui est peu naturel pour le cheval qui tourne en effectuant des courbes larges et en s’incurvant dans la courbe. Au polo le cheval doit
stopper avec les postérieurs sous le corps à la façon des slices américains pour reporter son poids sur les postérieurs, pivoter dessus et repartir au galop. Une fois ces actions apprises il
commence à apprendre à jouer au polo. 4 -le dressage spécifique: il intègre une désensibilisation au maillet le long du corps et des membres du cheval, habituant le cheval aux mouvements de balance puis à la frappe de la balle
au pas. Certains chevaux réagissent violamment aux mouvement rapides du maillet, au bruit de la balle ou aux chocs des maillets sur les étriers. Il faut alors recommancer plusieurs fois les
manoeuvres de désensibilisation pour les dresser. Une fois cette crainte du maillet passée, le joueur frappe la balle tout seul au pas puis au galop, le trot n’étant pas une allure utilisée.
Commence ensuite des petits jeux avec d’autres chevaux pour apprendre au cheval à galoper en groupe, a accepter le conctact et à suivre la balle. Un point primordial est de travailler le contact
main -bouche pour avoir un cheval sensible qui garde un contact souple avec le mors. Au galop, rênes détendues il faut que le cheval ralentisse et s’arrête dès que le cavalier exerce une légère
traction sur les rênes sans avoir besoin de tirer. Il faut veiller à ne pas travailler longtemps le cheval dont la concentration dépasse rarement 15 mm. Les jeunes chevaux sont ainsi travaillés
tous les jours une vingtaine de minutes. Les exercices sont répétés plusieurs fois lors des séances de travail jusqu’à que le cheval les réalise parfaitement. Il s’agit là du succès du dressage basé
sur la répétition. Quelques exercices spécifiques comme le bon positionnement de la tête ou l’arrêt net sans sursaut sont à perfectionner avec du temps pour avoir de bon chevaux. Les
chevaux qui sautent sur place ont été dréssés trop vite sans avoir le temps de savoir varier leur vitesse et leur équilibre en fonction du poids du cavalier. Les arrêts doivent être demandés
d’abord sur 10 m pour diminuer progressivement la distance en gardant l’équilibre. Quand le cheval obéit au cavalier tout en étant décontracté le dressage ne dépend plus que de l’aptitude
du cheval à apprendre et de la patience du cavalier à lui enseigner. Il ne faut pas commencer trops tôt à faire jouer un cheval non prêt qui risque de garder de mauvais souvenirs d’un match
de polo, la patience est donc un facteur essentiel de réussite pour le dressage du cheval de polo. Pendant 3 à 5 mois les chevaux sont préparés à ce travail spécifique du jeu au polo d’abord dans
des paddoks fermés puis progressivement dans des espaces de plus en plus grands cloturés puis aérés. Le travail est varié avec des sorties en extérirure. A 4 ans ou 5 ans ans un cheval peut
entamer sa carrière de polo avec un meilleur potentiel physique et mental. Autres points du “dressage au polo” Il faut savoir que la majeur partie des chevaux de
selle sont capables de jouer au polo pour peu que l’on gère le temps. Le travail sera long, difficile et parfois déconcertant en fonction du caractère, du mental et du physique de votre cheval. Certains
chevaux seront plus faciles à désensibiliser au maillet, aux bruits des balles ou auront moins d’appréhension sur les contacts, aux accrochages des maillets qui frôlent leurs membres que
d’autres qui auront d’énormes difficultés à accepter le bruit,l’agitation et les mouvements des cavaliers. Tout est question de travail, de respect mutuel et de persévérance.
Il est préférable de choisir un cheval de taille petite ou moyenne, autour de 1,50 m -1,55 m au garrot, généreux et disposant d’une pointe de vitesse correcte.
Bien sûr des chevaux de polo expérimentés peuvent être achetés, les coûts étant chers pour de très bons chevaux, cependant des « deuxièmes mains » sont accéssibles à des prix raisonnables
pour jouer un polo de « low goal » des dimanches après midi. L’éducation de base du cheval de polo est peu différente de celle des autres chevaux. Le
dressage de base est indispensable. Le cheval doit savoir marcher droit, exécuter des transitions montantes et descendantes avec une vitesse régulière et contrôlée. Les voltes et demi voltes, les
changements de pied à la demande et les arrêts francs ainsi que les reculés doivent être acquis. La monte polo demande la tenue des rênes avec la main gauche. Le cheval doit tourner court
avec une rêne contraire d’opposition ou une rêne d’appuie. Il doit être particulièrement sensible à l’assiette du cavalier, pour anticiper accélération, virage ou freinage par transfert de poids. En
aucun cas le cheval ne doit prendre la main du cavalier. 1 - Départs et accélérations: i ls doivent être instantanés et rapides mais ne doivent pas surprendre le cheval par des actions
brusques ou violentes qui provoquent défense ou désordre. La main ne doit pas s’opposer au mouvement en avant, le buste du cavalier doit aider de tout son poids à la projection en avant. 2 -Ralentissement et arrêt : il ne faut jamais tirer sur les rênes car le cheval répond en tirant et le cavalier sera perdant. Il
faut rassembler le cheval engager ses postérieurs et ramener tout le poids vers l’arrière. Il faut reprendre le contact, fermer les jambes, s’asseoir, peser dans la selle, redresser le buste rejeter
les épaule en arrière et lever la main de bride en fermant les doigts puis en les ouvrant et en les refermant plusieurs fois de suite . Le cheval va s ‘asseoir, relever la tête en s’appuyant vers le
haut sur la martingale. L’arrêt sera entamé par les postérieurs. Le cheval restera tendu prêt à repartir. Si un poney dressé refuse de s’arrêter et prend le mors aux dents; penser à une blessure de la
bouche aux barres ou aux commissures des lèvres ou aux problèmes de membres et donc inspecter bouche, pieds et membres. 3 - Le reculer :
recherche à vousser le rein du cheval et favoriser l ‘engagement des postérieurs . Le reculer
prépare l’arrêt . IL s’obtient par des oppositions de main à des actions de jambe. Tout excès de main provoque le cambrement du dos, le renversement de l’encolure et empêche tout engagement des postérieurs.
4 - Changement de pied au galop : le poney bien dressé garde un galop uni, juste ou à faux quelle que soit les variations de course du parcours. Un
cheval soumis à des déplacements d’assiette important se désunit et perd équilibre et vitesse si son cavalier ne lui demande pas de changer de pied. Eviter d’obtenir les
changements de pied en se penchant en avant du coté du nouveau galop car cela favorise le désunissement des antérieurs. Il faut s’asseoir au contraire de l’autre coté pour
décharger l’antérieur et provoquer avec l’aide de la jambe l’engagement de ce postérieur. Le meilleur moment pour demander le changement de pied est le troisième temps du galop avant la suspension des
membres. Avec la rapidité et la diversité des actions de jeu la demande peut être faite à tout moment et se prolonger quelquefois pendant une ou plusieurs foulées. Un poney bien dressé au
changement de pied à l’entraînement le fera en jeu sur de très légères indications pratiquement de sa propre initiative.
5 -Virages larges :
ils sont obtenus facilement par l’inclinaison du buste du coté du tournant, par la main seule ou
par la jambe intérieur qui ploie le cheval ou par la combinaison des 3 actions sans ralentissement marqué de l’allure. 6 - Virages serrés :
plus difficiles ils demandent un ralentissement d’allure jusqu’à l’arrêt pour repartir ensuite
rapidement. Le poney se cabre, pivote sur ses postérieurs et profite de leur engagement accentué sous la masse pour les détendre et s’élancer dans une nouvelle direction . Il faut refluer le poids
vers l’arrière pour provoquer l’engagement des postérieurs. Le joueur se penche du coté voulu et agit avec ses jambes et sa main pour commander un changement de pied au galop.
Prédominance de la jambe extérieure pour tenir les hanches et nouveau départ accéléré. Le cheval qui a toujours un pied de prédilection pour le galop sera exercé plus fréquemment aux pirouettes du mauvais coté.
7 - Aborder la balle :
il n’y a pas de coup possible si le cheval ne passe pas au bon endroit à proximité de la balle, s’il
marche dessus ou s’il s’en écarte. S’entrainer à deux mains d’abord puis à une seule main, l’autre restant libre pour aider si nécessaire. Il faut beaucoup de patience et de douceur pour
habituer certains chevaux à aborder la balle. 8 - Marquer l’adversaire :
le marquage permet d’écarter l’adversaire du jeu, l’empêcher d’atteindre la balle ou lui résister et frapper soi-même la balle. Les chevaux n’aiment pas la bousculade, s’affolent en galopant à coté
d’un voisin et hésitent à aborder l’adversaire tout en cèdant à la moindre poussée et refuse de pousser eux mêmes. il faut amener progressivement le cheval par un travail préparatoire solitaire
pour perfectionner les déplacements de hanches et les appuyers au galop. Puis travailler par paire, au galop botte à botte.
Exiger progressivement l’appui des 2 chevaux l’un contre l’autre puis demander la poussée en aidant avec le poids du corps. Les contacts n’ont pas besoin d’être forcément violent pour être
efficace mais doivent permettre l’écartement d’un joueur par un effet d’appuyé. Le cavalier aide le marquage en poussant l’adversaire avec ses épaules, coude au corps, gardant une légère
avance pour maintenir son genou en avant de celui de l’autre joueur. Le choc produit par la masse du poney provoque le plus d’effet sur un joueur occupé à garder
sa ligne derrière la balle. Attention les abordages réalisés sous un angle de plus de 45° avec bousculade constituent une faute.
Dans la préparation au jeu il faut s’exercer par paire au marquage puis réaliser des petits practices à 3 deux contre un.
Travailler les demi-coups, coups droits et back en cercle. S’entraîner à frapper des pénalités 9 -Préparation physique du cheval : Un poney de polo demande une préparation physique journalière au mieux ou au minimum 4 fois par semaine. Eviter les galops, faire des petits trajets sans excès physique. Douchez les
membres, vérifier l’état des pieds, l’absence de plaies |